L’Evolution des paysages Françoise Hàn

Publication 2000
11,00 EUR (10,43 EUR HT)

L'Évolution des paysages, Françoise Hàn, récit, 12 eaux-fortes de Marie Alloy, coll. Marine, 15x21.5 cm, 64 p., 2000, ISBN : 2.913388.14.0

Présentation

[...] Les trente-six textes qui composent ce recueil se présentent comme des proses poétiques (qu’est-ce que cela veut dire exactement) mais ce serait mal connaître le poète que se fier aux apparences. Il s’agit ici d’un véritable poème (c’est-à-dire aussi d’une méditation sur la question, la grande question primordiale) dont l’unité se révèle par la reprise, en début de fragment, sous la même forme ou dans un compromis plus subtil, de la dernière phrase du fragment précédent. [...]
Méditation, ai-je dit, qui se poursuit par la médiation d’un lyrisme contenu, de ce martèlement aussi, et de ce sentiment de nécessité qui fait reconnaître au premier regard l’importance d’une œuvre. [...].

- Jacques Lovichi, Autre Sud, n° 13, 2001

L’évolution des paysages de Françoise Hàn opte à son tour pour une poésie en prose, mais son style est plus abrupt, plus parataxique [...] pour elle, « le manque est pour l’instant notre seule écriture ». Absence, mais conscience « d’un autre espace », d’un « amour » qui en principe peut « sauver », dialectique d’un visible obsédant, rêve à peine osé de « ce qui n’a pas été décrit encore ».

- Michaël Bishop, The French Review, Vol. 75, n° 1, 2001

Extrait

Nos chiffons d’azur déteint, maculés d’encre, travail en cours.

Le choix des outils nous est laissé. L’attaque franche du burin poussant vers la surface déjà recouverte. Creuser ici. Emmêler nos tiges, nos rhizomes, nos feuillages à ces dessins. Découvrir notre tracé, nos points d’attache, nos développements.

Nos zones d’ombre, réserves intactes, citernes de clarté recluse, à la manière noire, patientent.

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« C’est une émeute, avait dit l’un des hommes. Un soulèvement populaire, avait ajouté l’autre. Les carabiniers du village avaient fini par se décider à venir voir ce qui se passait. Ils avaient aidé les deux hommes à remonter dans leur autocar qui s’était enfui. À Santa Maria di Momentana, les maçons avaient achevé de monter le mur de briques. La Madonna était cloîtrée, hiératique. En bas, trois femmes caressaient l’enfant sous la robe qui frémissait. Le printemps était là en cette année 1944. »
Michaël Glück
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