Circé ou Une agonie d’insecte
Christian Garcin

publication 22 mars 2010
Ouvrage épuisé

Circé ou Une agonie d'insecte, Christian Garcin, préface de Christophe Fourvel, illustrations de Philippe Favier, nouvelle, collection « Texte au carré », 14x14 cm, 52 p., 2010, 10€, ISBN : 978-2-913388-74-1

Présentation

On est happé (comme une mouche par une plante carnivore !) par cette nouvelle de Christian Garcin, qui excelle à mettre en scène ces moments où la vie bascule dans l’inconnu, où le monde, soudain, est à l’envers. L’écrivain réalise ici un tour de passe-passe, au rythme d’une écriture vive et ingénieuse. Magique !

Un homme est interpellé dans la rue par une inconnue comme si tous deux étaient de vieux amis. L’étrangère, pleine de sa certitude, l’invite chez elle et commence à déflorer, à coups de questions et d’informations, un plausible passé partagé, avant de lui glisser entre les mains des photographies. L’homme trouvera sur ces clichés de quoi douter... Est-il celui qu’elle a reconnu ? Cette femme qui vit dans un capharnaüm de plantes et de souvenirs est-elle une Circé des temps modernes ? Où se situe la frontière entre le réel et le mensonge ?

Présenté dans la collection « Texte au carré » : une nouvelle, une préface par un autre écrivain, une couverture entièrement illustrée.

Ce récit à l’écriture précise et limpide laisse les choses en l’état, conte sans autre conclusion que l’écho qu’il aura dans la conscience du lecteur. (...) un beau moment de cette œuvre discrète qui ne cesse de prendre de l’ampleur.
- Alain Nicolas, L’Humanité

Extrait

Les gens s’écartaient sur notre passage à tous les trois, la femme, la plante et moi, comme les glaçons de la banquise sous l’étrave des brise-glaces. Nous étions peut-être beaux. Nous avancions d’un pas décidé. Le soleil inondait les rues, les plantes et les gens. La lumière était si intense qu’il fallait se frayer un chemin à travers elle. Elle coulait sur les trottoirs, dans les ruisseaux, puis se fendait en petits éclats aigus et piquants. Tout était limpide, évident, tout allait de soi - et pourtant cette femme inconnue prétendait avoir une photo de moi.

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« J’étais nu près de Deborah nue, nos moiteurs s’évitaient à présent, nous souriions vaguement et parallèlement à un ventilateur harassé qui grinçait au plafond. Il y avait une douceur extrême à ne plus se sentir beaux ni désirés. Nous n’avons pas dormi, je pense. Quoique le dos collé au drap, nous avons flotté sous d’invisibles palmes. »
François Salvaing
De purs désastres, édition aggravée

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Le plasticien

La Collection

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