Billet pour le Pays doré Éric Faye

Publication 4 avril 2007
10,00 EUR (9,48 EUR HT)

Billet pour le Pays doré, Éric Faye, préface d'Éric Chevillard, illustration de couverture et vignette intérieure de Laurent Dierick, nouvelle, collection « Texte au carré », 14x14 cm, 56 p., 2007, ISBN : 978.2.913388.63.5

Présentation

Quand la sirène de l’usine retentit, à dix-neuf heures quinze, il sentit fourmiller dans sa tête quelque chose de merveilleux. Il venait de se souvenir qu’on était vendredi, jour du tirage hebdomadaire. Cela ne le retarderait guère, il serait dans les vingt heures chez lui, après une demi-heure dans le tintamarre des tramways, chez lui où l’attendaient sa femme et leurs deux enfants.

Dans un monde qui fut, est ou sera le nôtre, les citoyens n’ont qu’un rêve : gagner à la loterie un billet pour le Pays Doré. Pour eux c’est la seule façon d’échapper à une société écrasante, d’un totalitarisme qui tait son nom. Un homme, comme tous ses semblables, joue donc, mais sans rien en dire à sa femme et ses enfants. Et voilà qu’il tire un jour le bon numéro.
On retrouve dans cette nouvelle fantastique les thèmes chers à Éric Faye : cet univers à la croisée de ceux de Kafka, Buzzati et Kadaré, le désir de disparaître ou fuir et une très cruelle ironie du sort. L’empathie avec son héros est totale ; l’écriture rapide et précise nous entraîne à train d’enfer vers l’inéluctable.
Décrit comme l’un des écrivains les plus prometteurs de la jeune génération, Éric Faye est l’auteur de romans et de nouvelles qui explorent les territoires du fantastique et de l’imaginaire : Les Lumières fossiles, Le Syndicat des pauvres types, Parij.

(...) Éric Faye étant, comme chacun le sait, du côté de Kafka plus que de Roald Dahl, son récit n’est pas une féerie, mais une fable morale ; jusqu’à l’ultime rebondissement, tragique. Bref et saisissant, ce récit monocorde et monochrome jusqu’à l’angoisse en dit plus que des traités de philosophie, et de surcroît suscite l’émotion. Tel un aphorisme narratif, il se fiche dans l’esprit du lecteur. À noter, la belle préface d’Éric Chevillard.
- Astrid De Larminat, Le Figaro littéraire (31/05/07)

Entre un réel sans issue ni consolation (qui ressemble tant, par certains aspects, au nôtre) et un rêve de fuite jusqu’alors inaccessible, l’atmosphère étouffante de cette nouvelle est unique. (...) Des déboires et des revirements de situation qui, au bout du compte, ne sont que le miroir de nos propres défaillances et de nos impasses...
- B. Longre, Sitartmag
(06/2007)

- Billet pour le Pays doré a été diffusé sur France Culture dans l’émission de fiction « Perspectives contemporaines » réalisée par Étiene Vallès, le 22 décembre 2007.

Extrait

Depuis combien d’années jouait-il en cachette... Combien de dizaines et de dizaines de cartons perdants avait-il, loin du regard d’autrui, jetés, rageur, dans une poubelle ou une bouche d’égout en pestant contre la destinée ? Lorsqu’il eut atteint le parc public et enjambé ses grilles basses, il s’accota contre un arbre squelettique et là, pleura à gros bouillons. Cela montait de façon saccadée, par bouffées. Ce n’était pas tant d’avoir gagné un billet qui le bouleversait dans ces minutes-là, c’était l’horaire inscrit sur le billet : il lui restait à peine une heure pour se décider. Le train partait dans un peu moins de deux heures. Le lendemain, s’il ne l’utilisait pas, ce billet qui ouvrait en ce moment les portes d’un paradis terrestre ne vaudrait absolument plus rien, cela était clairement spécifié : ce titre de transport n’est valable qu’à la date de la réservation et à la place inscrites dessus. Au jour et à l’heure indiqués...

Votre panier

Votre COMPTE

Non connecté

« Ce que nous entendions par ’peinture’ il y a peu de temps encore n’occupe plus aujourd’hui qu’une place infime dans le territoire de tout ce qui revendique ce nom. »
Christian Prigent
Le Sens du toucher

L’auteur

Le plasticien

La Collection

Carnets des solitudes Dits d’elle Lumière des mains, suivi de L’Incessant tourment d’espérances La Langue et ses monstres Le Vingt-deux octobre La Nuit du libertin Couleur jardin L’Enfant sur la branche En herbe L’Enfance est mon pays natal Où patiente la lumière Dans les jardins mouillés Dans la présente abjection des mondes L’Homme traversé Le Faraud séant Toboggans des maisons L’Œil tourné La Couleur tensive Poèmes poids plume Petites proses voyageuses Opéré bouffe L’Ourlet du ciel L’Italien Le Loir atlantique Mange-Matin Coquerets et coquerelles Tu me libellules La Ville autour Un rossignol sur le balcon Trois anciens poèmes mis ensemble pour lui redire je t’aime