Musée de l’os et de l’eau Nicole Brossard

Publication 1999
15,00 EUR (14,22 EUR HT)

Musée de l'os et de l'eau, Nicole Brossard, poèmes, 8 gravures de Catherine Farish, co-édition Le Noroît, 15x21.5 cm, 128 p., 1999, ISBN : 2.913388.03.5

Présentation

Il ne faut pas se fier au titre... On serait enclin à imaginer un univers clos et sans vie, mais le recueil de Nicole Brossard est loin de cela. Peut-être que c’est justement le mouvement de l’eau, et le déplacement de l’humain (et de ses os) qui nous entraînent entre autres d’Allemagne en Espagne. Pour son quatorzième ouvrage, l’auteur a choisi un vers qui nous parle et un vocabulaire à la fois simple et efficace : l’horizon puise en nous/ sa couleur et l’étendue du rêve/ le monde doit répondre/ au visage que nous offrons/bouche abyssale. On remarquera également une réflexion sur le temps, jusqu’à la prise de position du poète : Le présent n’est pas un livre. Ce qui nous touche aussi au fil des pages, c’est l’affirmation de la féminité remplie d’érotisme : tous les jours/ des paysages à l’endroit dans mes yeux/ où des femmes et d’autres femmes touchent/ à la mémoire et au plaisir.
- S.B. in Le Matricule des anges

Grand Prix du Festival international de la poésie de Trois-Rivières (1999).
Traduction en anglais (Museum of bone and water, traduit par Robert Majzels and Erin Mouré, Anansi, 2003).

Extrait

je le sais aux verbes qu’il me manque
ma vie s’est endormie
dans le contour très précis
de la tête d’un os long
quoique je sache encore sourire
devant les cloîtres romans et leurs ossuaires
la valeur de je vous aime

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« C’est une émeute, avait dit l’un des hommes. Un soulèvement populaire, avait ajouté l’autre. Les carabiniers du village avaient fini par se décider à venir voir ce qui se passait. Ils avaient aidé les deux hommes à remonter dans leur autocar qui s’était enfui. À Santa Maria di Momentana, les maçons avaient achevé de monter le mur de briques. La Madonna était cloîtrée, hiératique. En bas, trois femmes caressaient l’enfant sous la robe qui frémissait. Le printemps était là en cette année 1944. »
Michaël Glück
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