Dans le vent du chemin
Lionel Bourg

publication 2000
Ouvrage épuisé

Dans le vent du chemin, Lionel Bourg, journal tome 1 (1996/1998), coll. David, 15x21.5 cm, 376 p., 2000, ISBN : 2.913388.12.4

Présentation

Publier un journal, « son » journal, quand celui-ci peu à peu absorbe ou phagocyte tout ce que l’on écrit, revient à d’avance braver quelques retours de bâton dont le plus réfléchi, le plus théorique, vise les fondements mêmes de semblable entreprise. Critique rusée, l’accusation, ou le reproche, d’exposer de manière comme brute le sujet, passe toutefois à côté de sa cible. Reposant sur une conception qui fait de l’art en général, de celui d’écrire en particulier, non pas une méditation, certes singulière, mais un écart tel qu’il instaure l’ordre d’une transcendance, cette critique n’a d’autre perspective, et de racine, qu’une approche religieuse d’actes qui ne le sont qu’au prix du mensonge - mais, cuistrerie oblige, ce serait cela, la « littérature » - ou ne le sont que dans d’imaginaires transactions avec un prétendu « sacré ». Outre que l’exposition brute de la subjectivité me paraît relever du fantasme (cette brutalité chaotique, immédiate, ne pouvant par définition s’exprimer, Artaud l’indiquait très lucidement dans ses lettres à Jacques Rivière), tout Journal est écrit, la chose est depuis si longtemps entendue qu’elle fournit la matière de jugements beaucoup plus traditionnels. J’indiquerai donc n’avoir rien désiré que de réduire l’hiatus séparant la pensée d’un individu de ses gestes, n’avoir voulu que cette méditation-là - qui n’est ni rédemption littéraire, ni déballage de cochonneries puritaines, ni ruse théologique avec la vie mais rapport au monde -, d’un livre enfin profane. N’étant pas recensé parmi les anges, n’aspirant pas d’avantage à la « voyance », je ne serai jamais trafiquant d’armes (ou politicien, ou ambassadeur, dealer de radicalité post-debordienne ou domestique). Je suis un diariste athée...

Extrait

Tout se passe comme si l’intimité que j’avoue restait périphérique, comme si, à la margelle de son puits, je me satisfais de coup d’oeils furtifs à l’intérieur d’une obscurité croupissante : est-ce barrière, obstacle psychologique ou censure, est)ce encore le fait de n’exister que dans et par l’étoffe de mes relations, est-ce l’effroi d’empoigner l’indicible ? Tout cela sûrement, avec un zeste de balourdise ontologique et quelques vieux réflexes : m’exposant, je ne baisse pas la garde...

Votre panier

Votre COMPTE

Non connecté

« Afin de prévenir la satiété et le déclin libidinal qui lui est associé, enfermez votre partenaire dans une cave pendant quarante jours et quarante nuits. Il en sortira affamé. Le conseil est donné par Plutarque lui-même.
Le tout est de disposer d’une cave. »
Lydie Salvayre
Petit traité d’éducation lubrique

L’auteur

La Collection

Le Taureau, la rose, un poème Entrée en matière Faire des études pour être mendiant L’Or de l’air Rire parmi les hirondelles Carnets des solitudes Tombeau de Joseph-Ferdinand Cheval, facteur à Hauterives Non lieu provisoire Si petits les oiseaux La Belle vitesse Rien qu’une ombre inventée Tacatam Blues En toutes circonstances À la Dublineuse Nuitamment Les Choses n’en font qu’à leur tête La Guerre entre les arbres La Nuit du libertin L’Ordinaire, la métaphysique C’est papa qui conduit le train Un alibi de rêve Sillages 33 Voix Encyclopédie cyclothymique L’Enfant sur la branche Vladivostok, aller simple L’Homme traversé Une voix pour Orphée Des rêves au fond des fleurs Ciel inversé 2