Ombres classées sans suite
Jacques Josse

publication 2001
10,00  (9,48  HT)

Ombres classées sans suite, Jacques Josse, récits, 18 fusains de Georges Le Bayon, coll. Marine, 15x21,5 cm, 56 p., 2001, ISBN : 2.913388.23.X

Présentation

Les livres de Jacques Josse sont rarement longs. Comme autant d’échardes plantées sur la peau d’une langue trop lisse, ses petites proses, poétiques et rugueuses, brillent d’un éclat noir. « Philosophe de la fêlure », il sait trouver des titres évoquant à merveille son univers : Fissures, Le Voyageur égaré, Le Veilleur de brumes, Vision claire d’un semblant d’absence au monde, ou encore Un habitué des courants d’air.
Aujourd’hui, voici Ombres classées sans suite, texte hanté par l’inévitable début de la fin, ensemble placé sous l’exergue du deuil et de la nuit par cette citation de Michel Dugué : Nul n’est sans abîme et chacun vient du deuil.
C’est une sorte de mémorial de bouts d’existences, de vies effilochées, affaires du commun que l’on voudrait ou que l’on a déjà classées sans suites. C’est aussi le travail du souvenir à l’oeuvre, la recherche d’une présence (née d’un livre, d’une image) qui, sitôt repérée, ranimerait la sienne, l’expérience du pouvoir magique de l’écriture de rendre moins seul et désolé. Retrouver une flamme, donc, quand le monde ne semble que fantôme, résidus de brume, buée flottante, flou d’une vitre, pénombre.
Deux litanies courent le long du texte. Celle des écrivains aimés - Luca, Hrabal, Yves Martin, Lequier, Palante, Kerouac, Metz, Beckett -, celle des alcools bus - Henrik de Bruges, vin de Crète, ouzo, cognac, Old Lager. Il y a là, dispersés, les éléments d’un rite souterrain qui rapproche le geste de Josse de celui d’un chaman : psalmodier des noms sacrés, boire des breuvages, pour faire se lever, par le verbe, des mondes cachés ou disparus. Un texte qui a la puissance ensorcelante d’un blues chanté pour tous les mal partis.
 Pierre Hild (Matricule des anges, N° 36)

Jacques Josse est de retour avec ses nuits glauques, ses paysages de brume et le chuintement des vagues. À la poursuite de ses fantômes familiers, il nous entraîne à flâner dans les rues, à trouver un comptoir de nuit, à penser aux absents, ou à ressusciter la voix perdue d’Otis Redding ou les errances éthyliques de Jack Kerouac sur le quai de la gare de Rennes. Et puis il arrive que, la nuit, on surprenne la mort jouer aux dés dans une cahute... Bouleversant.
 Bruno Sourdin (Ouest-France)

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