L’Existence poétique
Philippe Lekeuche

publication 1995
Ouvrage épuisé

L'Existence poétique, Philippe Lekeuche, poèmes, 11 photomontages de Jean Dalemans, coll. Marine, 15x21,5 cm, 80 p., 1995, 12.50€, ISBN : 2.905910.54.2

Présentation

Ce livre de Philippe Lekeuche, qu’il faut découvrir, s’avère aussi étonnant que Le Chant du destin et Quatre écoutes du tonnerre (...). Du premier, Jacques de Decker vantait « la compacité de ces lingots de poésie ». Et la folie du réel qui s’y noue et que le verbe retaille comme à coups de hache. Dans le livre qui a suivi, en 1990, pas une page qui ne demeure hantée, et traversée de ces éclairs que la dérision arrache à la vérité.
Le livre qui paraît aujourd’hui s’intitule L’Existence poétique. Comment être au plus près de soi, dès lors que l’on avoue « Je suis là où je ne m’attends pas » ? Et qu’il faut « Essayer l’erreur, la trahison/De ce que je suis et qui m’encombre » ? Partout le verbe se retourne et taille, au cœur de la plaie - apollinarienne ? - du « voyou métaphysique ».
Mais il y a surtout du Villon chez Philippe Lekeuche - je veux dire dans son arbre généalogique. Dans son lyrisme limpide, cruel et cassé, si volontiers testamentaire ; dans cette manière de s’admonester, de se pousser à bout de faux-fuyant ; de croire encore qu’il faut survivre « parmi les loups et les tanks », parmi les « anges » aussi. Même « aboutissant à l’inabouti ». En bref, une voix qu’on ne saurait plus ne pas écouter.

 par Claude Michel Cluny, Lire, novembre 1995

Extrait

Au fond, je suis cet homme ordinaire,
Un demeuré poète, le frère
De ces passantes ombres du jour,
Ni pire ni meilleur car le tour
Où je tente mes sauts périlleux
C’est le leur et c’est le même leurre
Qui nous mène par monts et par vaux,
Par les chansons, les philosophies,
Les martyrs, les héros, les papes,
Jusqu’au Trou, jusqu’au tombeau de rien,
Quand tout est fini, que tout commence
Ou finit : on ne sait pas très bien...

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« Maintenant, voici venu pour moi le temps de me décider à faire retour en arrière, de tenter de trousser congrûment quelque chose à ma guise, une sorte d’écriture pure de tout sens civique. Le besoin est sans doute inscrit dans les gènes : pressentiment reptilien que tout disparaîtra d’un coup.
Dany, Piteur, Olivier, il n’y a plus au monde une seule trace d’eux. Tout ce qui reste est en moi. »
Sylvain Fourcassié
Les Madones du trottoir

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