L’Indifférent
Jean-Claude Hauc

publication novembre 2004
11,00 € (10,43 € HT)

L'Indifférent, Jean-Claude Hauc, illustration de Daphné Brottet, coll. Marine, 14x21.5 cm, 62 p., 2004, ISBN : 2.913388.54.X

Présentation

Le narrateur de ce très court roman vient de perdre sa femme, Béatrice, universitaire victime d’une rupture d’anévrisme en plein cours. Écrivain que cette disparition empêche d’écrire, il tient donc une sorte de journal du deuil. Un deuil qu’il porte avec un détachement qu’il serait simple d’attribuer à son libertinage. Notre homme, en effet, collectionne les corps jeunes de ses élèves et affine l’expérience amoureuse de ses amies qui ne se refusent pas à lui.
Ce libertinage amoureux, cultivé avec art, ne l’empêchait pas d’aimer pourtant Béatrice. En rangeant les affaires de sa femme, il découvre quelques lettres intimes et des photos très érotiques. Béatrice avait un amant : un de ses élèves avec lequel elle apparaît épanouie : « c’est cette plénitude qui fascine et fait mal à la fois. » Plus intrigué que meurtri de cette découverte, notre homme va tâcher de comprendre comment celle qu’il pensait connaître a pu nouer une telle relation. Conscient d’être lui-même incapable d’aimer, il trouve dans la révélation de cette infidélité ultime son credo d’écrivain : « Il m’est impossible de me mettre dans la peau de mes contemporains qui continuent de penser que les hommes et les femmes sont faits pour vivre ensemble. » Le journal se fait alors l’exploration de « l’indifférent » qu’il est et qui danse « avec légèreté au-dessus du gouffre béant sous nos pieds. »

Extrait

« Je suis resté un long moment à contempler ces photographies que j’avais disposées devant moi sur le sol comme un vaste damier. Toutes ces images sensuelles et lascives pourraient faire penser à un jeu de photos pornographiques. Ou à quelque moderne version de l’illustration des Sonnets luxurieux de l’Arétin. Pourtant, il n’en est rien. Aucune provocation ou vulgarité dans ces postures.Simplement l’évidence du désir qui circule parmi les corps. Une intimité radicale. Celle de la chambre des amants où la société n’a normalement pas accès. La camera oscura que mon regard cherche à pénétrer sans y parvenir véritablement. Le corps lisse et lumineux de Béatrice. Ce grand calme malgré le plaisir palpable. »

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« J’étais nu près de Deborah nue, nos moiteurs s’évitaient à présent, nous souriions vaguement et parallèlement à un ventilateur harassé qui grinçait au plafond. Il y avait une douceur extrême à ne plus se sentir beaux ni désirés. Nous n’avons pas dormi, je pense. Quoique le dos collé au drap, nous avons flotté sous d’invisibles palmes. »
François Salvaing
De purs désastres, édition aggravée

L’auteur

Le plasticien

La Collection

Mange-Matin Les Explorateurs L’Homme traversé Vladivostok, aller simple L’Enfance est mon pays natal Opéré bouffe Dans les jardins mouillés Marie-Gasparine Cheminement vers le rien L’Incomparable promenade 33 Voix L’Ourlet du ciel Si petits les oiseaux Faire des études pour être mendiant L’Alimentation générale de Tombouctou Avec des ailes Rien qui porte un nom Chants de la tombée des jours Tombeau de Joseph-Ferdinand Cheval, facteur à Hauterives De purs désastres, édition aggravée Insensément ton corps La Nuit du libertin Maintenant la nuit Erratiques Poèmes et lettres d’amour Les Chiens du vent Parfois Chroniques d’un promeneur assis Valleuse Des étoiles sur les genoux