La Guerre entre les arbres
Jacques Abeille

publication 1997
7,50  (7,11  HT)

La Guerre entre les arbres, Jacques Abeille, proses et poèmes, 5 encres de Jean-Gilles Badaire, coll. L'Anthrope, 12x16.5 cm, 32 p., 1997, ISBN : 2.905910.84.4

Présentation

C’est à des noces de chair que nous convient ces poèmes qu’une prose introduit. Un homme passe une nuit dans un sous-bois « où l’avait poussé la faim ». Une faim sensuelle à laquelle un désir impétueux sert les images d’un accouplement fantasmé, entre celle qu’il aime et lui, dans l’écho organique de la nature. Jacques Abeille excelle à dresser au vif du poème les images crues de l’amour. Ses vers mêlent en un seul chant le corps aimé et les formes que le vent donne aux branches, que la terre donne aux racines. Les peintures de Jean-Gilles Badaire, dans l’obscur du noir et blanc, déclinent l’analogie des formes végétales avec le sexe féminin. Un joli livre à offrir pour dire ce qu’est l’amour quand le désir l’habite.

Quand, dans l’avertissement de son livre La Guerre entre les arbres, Jacques Abeille, tellement saisi par les paysages envahis par la végétation (luxuriante, luxurieuse, si évidemment anthropomorphe - nodosité ici, tige là), évoque le sous-bois, sans doute ne dit-il pas autre chose que la poésie « n’est pas un lieu de paix mais un champ de bataille dévasté où la cruauté se fait d’autant plus âpre que silencieuse, lente, constante ».
 « Approcher l’œuvre de Jacques Abeille, dit aussi Léo Barthe », Bernard Bretonnière, avril 2011, Maison de la poésie de Nantes. Pour lire le texte intégral sur le site des éditions de l’atelier In8 cliquez ici.

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« C’est une émeute, avait dit l’un des hommes. Un soulèvement populaire, avait ajouté l’autre. Les carabiniers du village avaient fini par se décider à venir voir ce qui se passait. Ils avaient aidé les deux hommes à remonter dans leur autocar qui s’était enfui. À Santa Maria di Momentana, les maçons avaient achevé de monter le mur de briques. La Madonna était cloîtrée, hiératique. En bas, trois femmes caressaient l’enfant sous la robe qui frémissait. Le printemps était là en cette année 1944. »
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